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Prêt immobilier 2020 : vers une restriction ?

Posté le: 20/03/20

Fin 2019, le Haut Conseil de Stabilité Financière adopte de nouvelles mesures concernant le crédit immobilier. L’essentiel des décisions se rapporte aux conditions des crédits immobiliers. Finis les crédits à durée trop longue, finis également les crédits qui dépassent le seuil d’endettement tolérable.

Une durée maximale de 25 ans

Les emprunteurs ont profité de taux exceptionnellement bas ces dernières années. Cela ne fait bien évidemment pas l’affaire de tout le monde, entendons ici les prêteurs. Afin de combler ce manque à gagner, ces derniers proposent des crédits à rallonge. Certains crédits immobiliers affichaient une durée pouvant aller jusqu’à 30 ans. Plus longtemps dure un crédit, plus d’intérêts il génère. Seulement, les autorités de régulation ne voient pas cette politique d’un très bon œil. Il s’agirait presque d’un endettement à vie. Dorénavant, aucun crédit ne pourra plus être souscrit au-delà de 25 ans.

Le seuil d’endettement imposé à 33%

La règle existe depuis toujours. Le taux d’endettement tolérable pour une personne s’établit à 33%, soit le tiers de ses revenus. Pourtant, de nombreux établissements passent outre cette recommandation et n’hésite pas à financer les emprunteurs au-delà du seuil légal. Quelques emprunteurs s’endettent à 40, voire 50%. Cela ne fait pourtant qu’accroitre le risque d’insolvabilité. De plus, un endettement excessif impacte immédiatement sur la qualité de vie de l’emprunteur. Toutes sa vie ne tourne plus qu’autour du crédit. Fixer un taux d’endettement maximal à 33% relève à la fois du bon sens et de la dignité humaine.

Conséquences : plus de 100 000 ménages exclus du crédit immobilier ?

Les réactions n’ont pas tardé. Si certains louent la mesure, d’autres la déplorent. Remettre à jour les règles inhérentes au crédit immobilier limite les dérives des banques. Néanmoins, la mesure risque d’exclure une grande partie des emprunteurs. Aucun chiffre précis ne peut être réellement évoqué mais selon quelques spécialistes, la mesure pénaliserait plus de 100000 ménages. Le profil de ces derniers ne leur permet plus de souscrire un crédit logement, du moins avec les nouvelles conditions. Le gouvernement, lui aussi, monte au créneau. Il explique que cette mesure tend uniquement à recadrer les banques afin d’offrir un cadre plus sécurisant aux emprunteurs. Il n’est nullement question de pénaliser les uns ou de favoriser les autres.

Recommandation ou mesure contraignante ?

Pour l’instant, les mesures s’apparentent davantage à une recommandation. Le HCSF invite les banques à adopter des mesures restrictives pour améliorer le cadre général du crédit immobilier. Face à des réactions pourtant négatives, le gouvernement pourrait bien passer au stade supérieur, c’est-à-dire imposer des règles coercitives. Les établissements récalcitrants risquent des amendes ou toute autre forme de sanction.

Limiter la durée du crédit immobilier à 25 ans, fixer le seuil d’endettement à 33%, ces règles ne sont pas nouvelles. En réalité, le HCSF ne fait que remettre les pendules à l’heure.