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Crédit immobilier : perspectives d’évolution après la crise sanitaire

Posté le: 15/06/20

Il est certain que la crise sanitaire aura de nombreux impacts, économiques et sociaux. Pour l’heure, nul ne peut vraiment prévoir l’importance des conséquences. Toutefois, elles commencent d’ores et déjà à se faire sentir, notamment en ce qui concerne le crédit immobilier.

Déjà une hausse de 0,8 % en avril

Officiellement, la crise n’a réellement commencé qu’en mars. Mais la hausse n’a pas attendu longtemps puisque dès le début du mois d’avril, on a déjà enregistré une augmentation du taux d’intérêt autour de 0,1 %. Cette hausse a continué les semaines suivantes et a atteint 0,8 % dans le même mois. Mais le Coronavirus n’est pas l’unique cause de cette hausse. En effet, depuis décembre 2019, le haut conseil de stabilité financière, HCSF, a d’ores et déjà prévu la hausse des taux courant 2020. Cette mesure répond à la nécessité d’une meilleure régulation du crédit immobilier et du marché immobilier en général. En parallèle, les demandes ont, elles aussi fortement baissé. La conjoncture actuelle ne fera que favoriser la hausse du prix du crédit immobilier.

Un durcissement important des critères de sélection

La crise sanitaire n’a épargné personne. De nombreuses personnes ont perdu leurs postes. D’autres subissent un chômage partiel avec un retour plus qu’incertain. Face à de telle situation, les banques commencent à durcir les conditions d’octroi de crédit immobilier, avec une sélection plus rude. Le taux de rejet risque certainement d’augmenter. Pour ne rien arranger, le HCSF a également préconisé le respect du taux d’endettement optimal de 33 %. De fait, une grosse partie des demandeurs de crédit se font recaler malgré un niveau de revenu assez élevé.

Un rallongement important de la durée du crédit

Face à une baisse du pouvoir d’achat, les emprunteurs n’auront d’autre choix que de rallonger la durée de leurs prêts. Afin de respecter le taux d’endettement légal, ils doivent baisser leurs mensualités. Cette solution augmentera fatalement la durée du prêt ainsi que le prix de celui-ci. En passant d’une durée de 20 à 25 ans, le prix du prêt immobilier augmentera de 25 à 50 %.

Une baisse du prix de l’immobilier tout de même

Les emprunteurs peuvent néanmoins espérer une baisse importante du prix de l’immobilier à l’issu de cette crise sanitaire. Les experts évaluent une baisse moyenne des prix des biens immobiliers de 15 à 20 %. Cette baisse pourrait éventuellement permettre de rattraper la hausse du taux et le rallongement de la durée du prêt.

Les nouvelles demandes de crédit devront faire face à un durcissement des conditions d’octroi. Ceux qui sont déjà engagés dans un crédit immobilier ressentent eux aussi des difficultés. Les banques enregistrent actuellement des demandes en masse de réajustement, report ou baisse de mensualités.